Actualité et informations sur les spectacles
Shrek : la comédie musicale débarque à Paris
Après avoir été un dessin animé de la DreamWorks décliné en quatre volets, Shrek, l'ogre vert préféré des enfants et... des adultes aussi, est de retour dans l'hexagone, non pas sur les...
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Source : spectacles.premiere.fr | 03-Feb-2012 13:07
L'émission Salut les copains en spectacle musical
Après avoir été une émission de radio puis un magazine dans les années 60, "Salut les copains" devient un spectacle musical qui se jouera à partir du 18 Octobre 2012 aux Folies Bergères....
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Source : spectacles.premiere.fr | 30-Jan-2012 17:56
Véronic Dicaire aux NRJ Music Awards : trois chanteuses en une !
La reine de l'imitation chantée, Véronic Dicaire, a soufflé le public lors de la cérémonie des NRJ Music Awards qui s'est tenue samedi soir au Palais des Festivals et des congrès de...
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Source : spectacles.premiere.fr | 30-Jan-2012 11:34
Stéphane Guillon encore frappé par la censure
En mai 2012, Stéphane Guillon s'en va aussi... Le texte figurant sur les affiches promotionnelles du prochain spectacle de Stéphane Guillon à l'Olympia n'a pas été du goût de la RATP qui les...
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Source : spectacles.premiere.fr | 26-Jan-2012 18:27
François Morel endosse le costume du Bourgeois Gentilhomme
Ex Deschiens, le comédien François Morel a longtemps joué sous la direction de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (Lapin chasseur, Les Pieds dans l'eau, C'est Magnifique...), avant...
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Source : spectacles.premiere.fr | 25-Jan-2012 16:22
Clémentine Célarié en Calamity Jane
Dans la pièce de Jean-Noël Fenwick, la comédienne prête son charme, sa vivacité et son talent à Calamity Jane. En route, pour une grande épopée sauvage au Far West.
Propos recueillis...
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Source : spectacles.premiere.fr | 25-Jan-2012 10:08
Eric-Emmanuel Schmitt reprend le Théâtre Rive Gauche
L'écrivain s'est associé à l'acteur Bruno Metzger ainsi qu'à l'auteur et metteur en scène Francis Lombrail pour prendre la direction du Théâtre Rive Gauche et amorcer une nouvelle ère...
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Source : spectacles.premiere.fr | 24-Jan-2012 15:31
Calamity Jane : un western théatral au Théâtre de Paris
Après avoir campé le rôle mémorable de Madame Sans Gène dans la pièce de Victorien Sardou, Clémentine Célarié revient sur les planches dans une partition féminine forte en gouaille et en...
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Source : spectacles.premiere.fr | 24-Jan-2012 12:08
Thierry Frémont remplacé au pied levé par Dominique Pinon
A l'affiche de Hollywood aux côtés de Samuel Le Bihan et Daniel Russo, Thierry Frémont a été victime d'un malaise sur scène en plein cours de représentation le 10 janvier. C'est le...
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Source : spectacles.premiere.fr | 20-Jan-2012 18:27
Samuel Labarthe en plein jeu de séduction
Dans les Pensées secrètes de l'auteur anglais David Lodge, le comédien incarne un spécialiste de l'intelligence artificielle qui engage un jeu de séduction avec une belle romancière. La...
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Source : spectacles.premiere.fr | 18-Jan-2012 09:57
Gagnez des places pour "Le Bourgeois Gentilhomme" avec François Morel !
Envoyez-nous un mail à fr.premiere@gmail.com et gagnez des places pour aller voir Le Bourgeois Gentilhomme avec François Morel le 9 Février au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Pour...
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Source : spectacles.premiere.fr | 13-Jan-2012 11:29
Festivals : En janvier, ils ne pensent qu'à danser !
Cinq Festivals de danse ouvrent le bal en janvier. Parmi eux, des festivals de grande envergure comme Artdanthé à Vanves et Suresnes Cités Danse, un festival éclaté en divers lieux (Faits...
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Source : spectacles.premiere.fr | 12-Jan-2012 15:34
Catherine Frot du côté de chez Beckett
Pour son retour au théâtre, la comédienne a choisi le personnage mythique de Winnie d'Oh les beaux jours de Samuel Beckett. Un monologue délicat, une partition à la fois drolatique et...
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Source : spectacles.premiere.fr | 11-Jan-2012 10:03
Christian Louboutin met le pied au Crazy Horse
C'est par le Figaro.fr que l'on apprend que le célèbre créateur de chaussures, Christian Louboutin, fera son entrée au Crazy Horse en tant que nouveau metteur en scène de la revue du cabaret...
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Source : spectacles.premiere.fr | 10-Jan-2012 12:25
Laurent Lafitte à la Comédie-Française !
Non, ce n'est pas une blague, le comédien et humoriste Laurent Lafitte s'apprête à faire ses premiers pas aux côtés de la célèbre troupe du Français dans Le Mariage de Gogol mis en scène...
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Source : spectacles.premiere.fr | 05-Jan-2012 14:58
La fin du monde à l'espace Chapiteaux de la Villette
This is the end, le titre donné au spectacle de fin d'études de la 23ème promotion du Centre National des arts du cirque (de Châlons-en-Champagne), annonce la couleur : celle de la fin. Mais...
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Source : spectacles.premiere.fr | 05-Jan-2012 11:02
Claudia Tagbo, "crazy" drôle
Rien de tel pour démarrer l'année qu'un grand bain de bonne humeur avec cette artiste totalement " Crazy " qui a tout d'une grande !
Propos recueillis par M-C. Nivière
Quelle...
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Source : spectacles.premiere.fr | 04-Jan-2012 09:55
L'Actualité des pièces de la rentrée 2012
Les spectacles de la première partie de saison s'achèvent doucement tandis que s'annoncent déjà ceux qui prendront la relève dès le mois de janvier 2012 dans les différents théâtres,...
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Source : spectacles.premiere.fr | 03-Jan-2012 12:05
Festival Le Paris des femmes : les auteurs féminines à l'honneur
Les 6, 7 et 8 janvier prochains, le Théâtre des Mathurins accueille huit pièces en un acte commandées à des auteures dramatiques contemporaines.
Signées Irina Dalle, Murielle Magellan,...
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Source : spectacles.premiere.fr | 26-Dec-2011 15:31
Un Réveillon parisien sous le signe du divertissement
Chaque fin d'année, c'est la même histoire, la panique à bord, la même question sans réponse : "On fait quoi pour le réveillon du Nouvel An ?". Alors, on fait croire qu'on s'en fout un peu,...
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Source : spectacles.premiere.fr | 22-Dec-2011 17:10
Guy Bedos tire le rideau ?
Cela fait cinquante ans qu'il arpente la scène, aujourd'hui, il baisse le " Rideau ! " dans une dernière salve d'humour, au Rond-Point, là où le rire est de résistance. Merci l'artiste !...
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Source : spectacles.premiere.fr | 21-Dec-2011 10:03
Décès : le dramaturge Vaclav Havel nous a quitté
Vaclav Havel est mort ce dimanche 18 décembre à l'âge de 75 ans. Intellectuel et homme politique déterminant dans l'Histoire de la Tchécoslovaquie, ancien dissident opposé au régime...
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Source : spectacles.premiere.fr | 19-Dec-2011 16:38
Les "Musicals" à voir pendant les fêtes
Rien de tel qu'un bon spectacle musical plein de fraîcheur et de bonne humeur pour traverser la période des fêtes du bon pied. Et en la matière, le choix est impressionnant. Des reprises, des...
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Source : spectacles.premiere.fr | 16-Dec-2011 14:05
Décès de l'auteur et comédien Roland Dubillard
L'auteur des Diablogues et de nombreuses pièces sous le signe de l'absurde est décédé à l'âge de 88 ans ce mercredi 14 décembre.
Roland Dubillard était également comédien,...
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Source : spectacles.premiere.fr | 14-Dec-2011 14:27
On offre quoi comme spectacles en DVD à Noël ?
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Source : spectacles.premiere.fr | 09-Dec-2011 17:43
John Malkovich : retour aux Liaisons dangereuses
L'acteur, révélé au monde entier grâce au rôle de Valmont dans le film de Stephen Frears, Les Liaisons dangereuses, revient à ce roman épistolaire, en tant que metteur en scène cette fois....
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Source : spectacles.premiere.fr | 09-Dec-2011 16:35
La Comédie-Française s'expose sous toutes ses coutures
Deux expositions d'envergure sont actuellement et prochainement consacrées à la célèbre institution théâtrale. Le Petit Palais se consacre jusqu'au 15 janvier 2012 à la vie interne de la...
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Source : spectacles.premiere.fr | 07-Dec-2011 17:34
Bertrand Cantat : un album pour la Trilogie de Wajdi Mouawad
Alors que les trois pièces de Sophocle, constituant la trilogie mise en scène par Wajdi Mouawad (sous le titre Des Femmes) et mise en musique par Bertrand Cantat, se jouent actuellement au...
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Source : spectacles.premiere.fr | 07-Dec-2011 15:18
Jean-Claude Grumberg, auteur dramatiquement drôle
L'auteur ne cesse d'interroger les hommes sur ce qu'ils ont fait du monde. Rencontre avec celui dont Claude Roy disait qu'il était " l'auteur tragique le plus drôle de sa génération " et qui,...
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Source : spectacles.premiere.fr | 07-Dec-2011 10:04
Des spectacles en mode "rire et chansons"
C'est le remède idéal à la déprime hivernale, aux baisses de moral, aux coups de blues et autres vagues à l'âme en mode mineur : la combinaison en un seul show des ingrédients du rire et de...
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Source : spectacles.premiere.fr | 06-Dec-2011 13:50
Jacques Gamblin et Jacques Bonnaffé : danse avec les mots
Ils portent le même prénom, sont nés à quelques mois d'écart, sont acteurs de cinéma et comédiens de théâtre, aiment jouer avec les mots et même danser avec leur corps, et...
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Source : spectacles.premiere.fr | 30-Nov-2011 13:56
Bientôt Noël : tous au cirque !
Les fêtes de fin d'année approchent à grands pas et on se dit que c'est le moment de faire une sortie familiale qui réunisse les petits comme les grands dans la même joie de l'enchantement....
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Source : spectacles.premiere.fr | 30-Nov-2011 11:20
Tempête aux Molières : 29 théâtres en moins dans la course à la statuette
Selon le Figaro.fr, vingt-neuf théâtres privés parisiens auraient décidé de s'exclure volontairement de la liste des participants à la prochaine édition de la Cérémonie des Molières. La...
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Source : spectacles.premiere.fr | 29-Nov-2011 18:32
P.R.O.F.S. 2 pour Patrick Bruel
Photo : P.R.O.F.S, 1985 © Collection Christophe L.
Source : www.evene.fr | 24-Nov-2011 15:25
La Suisse a de l'humour, la preuve avec le Montreux Comedy Festival
Du 1er au 5 décembre, le Montreux Comedy Festival fête l'humour sous toutes ses formes pour sa 22ème édition. Que nous réserve-t-il de beau ?
Le Festival s'ouvre sur un Gala qui promet...
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Source : spectacles.premiere.fr | 23-Nov-2011 15:11
3 X La Mouette : la pièce de Tchekhov vue sous trois angles
La rentrée théâtrale 2011 voit pas moins de trois mises en scène de la fameuse pièce de Tchekhov à l'affiche entre septembre et novembre. L'occasion, après avoir assisté aux trois, de...
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Source : spectacles.premiere.fr | 23-Nov-2011 11:33
Jean-François Laguionie : « Je suis un vieil anarchiste »
Longtemps Jean-François Laguionie a été un artisan solitaire. Longtemps, le natif de Besançon a réalisé parmi les plus beaux courts-métrages d’animation, dont le célèbre La Traversée de l’Atlantique à la rame, Palme d’Or au festival de Cannes et César en 1978. Avant de passer au long-métrage et de donner ses lettres de noblesse à un genre cantonné au divertissement pour enfants. Gwen et le livre de Sable (1985), Le Château des singes (1995), L’île de Black Mor (2003) forment ce que l’on appelle une « œuvre ». « Je fais un film tous les dix ans, ce qui ne veut pas dire que je mets dix ans à faire un film. », tient à préciser le cinéaste. Il aura tout de même fallu cinq ans pour que Le Tableau voie le jour. Mais l’attente valait la peine.
Pourtant, le Peintre n’a pas terminé les Pafinis. Il leur manque un pan de costume ou une touche de couleur. Les Reufs, eux, ne sont que de simples esquisses. Quant aux Toupins, ce sont des snobs, à la fois ridicules, odieux et tyranniques. Ils sont les seigneurs du château… et du tableau. Cette toile que le Peintre n’a pas achevée avant de disparaître. Ainsi commence l’odyssée de personnages échappés d’une toile pour retrouver leur créateur. Ainsi débute une aventure d’une beauté et d’une poésie incroyables.Le Peintre et les peintres« Dans cette histoire, mon premier bonheur a été d’inventer le Peintre, d’imaginer ses influences. Je l’ai situé dans les années 20 et 30, âgé alors d’une quarantaine d’années. En revoyant le film, j’ai l’impression qu’il adresse des petits coups de chapeau aux peintres qu’il admirait : Chagall, Matisse, Derain, Bonnard… Je ne voulais pas d’un film didactique sur la peinture, où l’on montre aux enfants le style de machin truc chouette. On évoque aussi le fait qu’il a exécuté des copies et qu’il les a détruites à la cave parce que ça ne l’intéressait plus. D’où la terreur des personnages du tableau qui pensent que le Peintre va les détruire.»Dieu est à la pêche« Je suis une sorte de vieil anarchiste mais Le Tableau n’est pas du tout un film militant sur la cause du peuple. S’il y a un message de fraternité, il n’est pas manichéen ni caricatural. Je ne voulais pas que les Toupins soient tous vilains et les Pafinis tous gentils. Le tyran n’est pas un personnage si redoutable… Je n’ai jamais réussi à faire un vrai méchant comme dans les films américains. Bien sûr, le grand chandelier prononce cette phrase : « Est-ce que le château peut accueillir toutes les ratures du tableau ? » Je suis conscient de la grille de lecture marxiste : Toupins = riches, Pafinis = pauvres, Reufs = sans papiers… C’est un niveau de lecture que je respecte tout à fait mais je suis très attaché à l’histoire d’amour, très sensuelle. Le doute des personnages par rapport au peintre me plaît aussi beaucoup : ils pensent que le créateur aurait dû finir son boulot. Mais pour lui, les Pafinis et les Reufs sont achevés autant que les Toupins. A chacun de se terminer comme bon lui semble. Oui, c’est une façon de dire que Dieu existe peut-être mais qu’il se fiche pas mal de ce qu’on peut faire sur Terre. »Le génie de Grimault« L’idée des personnages qui sortent du tableau est une réminiscence inconsciente du Roi et l’oiseau (dans le film de Paul Grimault, la bergère et le ramoneur s’échappent d’un tableau, ndlr). Ce n’est pas tellement cet aspect du scénario d’Anick Leray qui amène la comparaison avec le film de Grimault, je crois que c’est quelque chose de plus profond. J’ai fait mes premiers films grâce à lui. J’étais un jeune homme timide, je sortais de l’école de la Rue Blanche comme décorateur de théâtre et j’ai débarqué un jour dans son atelier. Il était entre La Bergère et le Ramoneur et Le roi et l’oiseau donc disponible et surtout très accueillant, d’une générosité incroyable. Je lui ai fait lire mes petites histoires, il m’a dit : « Vas y, fais un film, tu verras bien ce qu’il se passe. » Il n’y avait même pas la notion d’apprendre mais de toucher, de sentir. Paul ne me disait rien, d’ailleurs il ne connaissait pas la technique du papier découpé. Mais je sentais son regard sur ce que je faisais et il m’a aidé à monter le film. J’ai connu là-bas René Lalou, Roland Topor, les frères Prévert, toute une bande… Je voyais passer Francis Lemarque, Anouk Aimée et plein de personnages bizarres. Je suis resté une dizaine d’années, j’ai fait trois films en vivant très difficilement. Et puis, c’est souvent comme ça avec quelqu’un qu’on aime beaucoup, il y a un moment où il faut le quitter. Dès que j’ai lu l’histoire du Tableau, j’ai eu envie de lui rendre hommage. C’est toujours un peu prétentieux de parler de poésie – le mot n’est d’ailleurs pas très en vogue – mais Grimault, c’est la poésie à l’état pur. Les dialogues de Prévert, la beauté des décors, la qualité de l’animation… Le Roi et l’oiseau est l’un des plus beaux films que je connaisse. »Italo Calvino, Dustin Hoffman et moi« J’ai toujours été fou de cinéma mais j’étais trop timide pour tourner en prises de vue réelles. J’ai fait deux courts métrages mais à chaque fois ça a été douloureux. Il faut une autorité incontestable pour diriger une équipe sur un plateau. Je ne l’ai pas, donc c’est naturellement que j’ai réalisé des films d’animation qui sont pour moi des films avant d’être autre chose. J’ai quand même failli réaliser en prises de vue réelles Le Baron Perché, d’après le roman d’Italo Calvino. J’avais rencontré ce grand auteur italien au début des années 70. À cette époque, il habitait à Paris dans un passage du 14ème arrondissement. Je lui faisais lire les différentes étapes du scénario régulièrement, il aimait bien ce que je faisais mais son éditeur, Einaudi, a eu d’autres propositions et malheureusement ça ne s’est pas fait. Ça va vous faire rire mais j’avais même pensé à Dustin Hoffman pour le rôle ! »Du court au long« Votre long-métrage ressemble à une ode au court-métrage », m’a dit un exploitant après avoir vu Le Tableau. Je l’ai pris comme un compliment car j’ai eu autant de plaisir avec l’image que dans un court-métrage. C’est dans ce format que les films d’animation sont les plus beaux. J’ai fait mes premiers courts en papiers découpés ou en peinture à l’huile animée sous caméra… J’ai abandonné pour ne plus travailler dans la solitude. Pour réaliser La Traversée de l’Atlantique à la rame, un film de 20 minutes, j’ai mis deux ans ! Pour Gwen et le livre de Sable, mon premier long, on était six et j’avais déjà l’impression de changer de métier, de passer du dessin animé au cinéma, qui est vraiment une création collective.Cela dit, je créé encore tous les personnages. Je reste deux ans à dessiner tout seul, avant que le producteur ait trouvé le financement du film. Je fais toute l’ « animatique », c’est-à-dire une maquette dessinée de la totalité du film. Je ne fais pas de story-board mais une succession de petits croquis très rapides sur des grands carnets sans les enfermer dans une case – je ne supporte pas d’enfermer un dessin dans une case. Cela représente plus de 2000 dessins – un par plan – sur des grandes feuilles blanches. Puis je les photographie : je fais mon cadre sur le dessin. Gros plan ou plan large. Ensuite, je les monte sur un logiciel et j’obtiens la durée de chaque plan dans le film. J’enregistre les dialogues moi-même ou avec des copains, je mets de la musique et j’ai une maquette qui est un outil idéal pour discuter avec le producteur. Je me suis rendu compte que la pire chose qui puisse arriver, c’est que le producteur et le réalisateur n’aient pas envie de faire le même film… »3D en loucedé« Le Tableau, je pensais que ce serait mon dernier film tellement c’était un gros chantier avec une technique inédite pour moi. Un mélange de 2D et de 3D, de façon à ce que le spectateur soit un peu paumé. Il ne faut plus parler de 3D mais d’animation numérique : on modélise tous les personnages, on en fait des petites sculptures virtuelles. Ici, elles ont subi un traitement pictural qui justement imite la peinture. Et je trouve que l’équipe d’Angoulême a parfaitement réussi ce pari de faire de la 3D qui oublie qu’elle est de la 3D. Moi, je n’y connais rien, je fais le chef d’orchestre et c’est presqu’un avantage de ne pas être très compétent sur le plan technique parce qu’on demande des choses qui font éclater de rire le technicien. Il répond que ce n’est pas possible mais, par amitié et par goût du défi, il va tenter quelque chose qu’il n’a pas encore fait dans son métier. »
Source : www.evene.fr | 22-Nov-2011 12:18
Christian Rouaud : « Au Larzac, la lutte a changé les gens. »
Scène du dernier festival de Cannes. Pantacourt, piercing et mine chiffonnée, on ne sait comment ce jeune « homo festivus » a atterri à la projection de Tous au Larzac. Peut-être n’avait-il pas pu se joindre au troupeau qui se pressait à Pirates des Caraïbes ? Toujours est-il qu’il semblait un peu perdu. « C’est quoi ce film, Tous au Larzac », demanda-t-il à ses voisins. Personne n’osa lui expliquer : octobre 1971, Michel Debré, la volonté de ce dernier d’étendre le terrain militaire de La Cavalerie en Aveyron, la résistance des paysans jusqu’à l’élection de François Mitterrand, le slogan « Faites labour par la guerre »… Pas une bonne âme pour lui donner un cours d’histoire et de géographie. La leçon allait venir, donnée deux heures durant par le film de Christian Rouaud qui a recueilli les témoignages des ces gens du plateau comme on les appelle encore. Des hommes et des femmes transformés par le combat d’une vie. C’est là, aux côtés de Guy Tarlier et des 103 paysans qui avaient fait le serment de ne jamais céder leur terre à l’État, qu’il a appris la lutte. Fin de projection. Standing ovation. Quinze minutes d’applaudissements et d’embrassades. Notre jeune homme a compris, il peine à dissimuler son émotion. Il sait maintenant où se trouve Millau et ce que « résister » veut dire. À l’issue de la projection, Christian Rouaud, à qui l’on doit déjà l’excellent documentaire sur les Lip et un autre pour la télévision sur Bernard Lambert (le fondateur de la Confédération paysanne), a répondu à nos questions.Est-ce votre film Les Lip, l’imagination au pouvoir (2007) qui vous a fait arriver à Tous au Larzac ?Oui, d’une façon tout à fait anecdotique d’ailleurs. J’avais tourné quand j’ai fait Lip une séquence sur le Larzac, parce que les ouvriers de l’usine avaient rejoint le combat du plateau. Il fallait faire deux heures de film pour Lip et au montage la séquence a sauté évidemment. Donc voilà, le film est sorti et puis ça s’est arrêté là. Un jour, j’ai reçu un exemplaire du journal Gardarem lo Larzac, bimestriel né de la lutte des paysans au début des années 70. À l’intérieur, il y avait une critique de mon film qui disait en substance qu’il était bien mais qu’hélas on n’y parlait pas du Larzac. L’article se concluait en notant que ce serait bien qu’il existe un film de cette qualité sur le Larzac. De cet appel est né le film.Il existe une filmographie et une bibliographie abondantes sur le Larzac, ainsi que des émissions de radios (un cycle complet sur France culture par exemple)... Cela vous a servi de base documentaire ?Non. Mon fonctionnement a été le même que pour Lip. J’ai été voir sur le plateau s’il y avait des gens susceptibles de raconter l’histoire. Tout au début, en juillet 2008, je les ai tous rencontrés et, avec un dictaphone à la main, et ils m'ont tout raconté. Je suis rentré chez moi et j’ai écrit le film. Tout d’abord parce qu’il faut un texte pour aller chercher les financements, mais pas seulement. On dit souvent qu’on donne la parole aux gens mais ce n’est pas vrai, on leur prend pour la réécrire ensuite. Quand je suis venu tourner, j’avais mon film, je savais ce qu’ils étaient susceptibles de me dire. Après tout le jeu du tournage c’est de retrouver les émotions.Ce fut le cas aussi pour Marizette Tarlier, la femme de Guy, le leader historique de la révolte du Larzac ?Oui. Pour tous. Quand j’ai vu Marizette, Léon Maille, Pierre Burguière, Christian Roqueirol et tous les autres. J’ai tout de suite senti qu’il s’agissait de personnages extraordinaires. Le problème c’est que parfois ils ne disent pas ce qu’on attend et c’est bien. Il arrive également qu’ils disent beaucoup mieux que ce qu’on attend. Et donc on se retrouve avec une matière nouvelle pour le montage mais l’histoire je la connais par cœur depuis le début, je savais ce qu’il fallait raconter. Après le travail de montage, qui a duré six mois, consiste à faire naître l’histoire que j’ai envie de raconter. Les portraits se dessinent. Il y a un équilibre à créer pour que personne ne tire un peu trop la couverture à soi. Ce n’est pas le portrait d’une communauté, mais celui d’individus qui, de 1971 à aujourd’hui, ont lutté pour préserver leur habitat et qui continuent à résister. Et je voulais que l’on entre en empathie avec chacun d’eux.À aucun moment vous n’avez pensé à apporter une voix discordante. Un paysan, il y en eut, qui aurait cédé aux pressions de l’état afin de nuancer le propos ou, pourquoi pas, de le renforcer ?Non, ça ce sont des trucs de journalistes. Moi, je choisis mon camp. J’avais envie de raconter l’histoire à travers les gens qui se sont battus. L’idée qu’il faut un pour, un contre et un « je ne sais pas », ce n’est pas avec ça qu’on produit une pensée. C’était pareil pour Lip. Ce qui m’intéresse c’est de raconter des morceaux de l’histoire des luttes en me mettant du côté de ceux qui se battent et non du côté de l’ennemi. C’est tellement plus truculent. Ce sont de beaux personnages. Et ce que je cherche à montrer avant tout, c’est comment la lutte change les gens. Ils sont aujourd’hui ce que la lutte a fait d’eux. José Bové, il s’est fait sur le Larzac. Il avait dix-huit balais quand il est arrivé là-bas et il ne savait rien faire. Après 68, c’était un gamin qui aimait juste affronter les flics. Ça il savait bien faire. Il faisait chier tout le monde parce qu’il était tout le temps dans la bagarre. Et il a regardé tout le monde militer, se mobiliser, il est resté dans l’ombre de Guy Tarlier sans broncher. Il a appris. Et quand Guy Tarlier est mort (d’un cancer en 1992, ndlr), il est devenu leader à son tour. C’est ça qui est fascinant. Comment dans une lutte si longue des gens se construisent.Ce qui est sidérant, c’est qu’à aucun moment ils n’abandonnent…
Oui, alors qu’on vient leur dire : « On va vous piquer votre maison, votre boulot, votre terre. » Au début de l’histoire, il y a deux catégories de paysans : ceux qui sont là depuis une éternité et à qui on va pendre la terre de leurs parents, de leurs grands-parents, etc. Et puis il y a les autres qui viennent d’arriver et qui ont tout misé sur ce bout de causse : les Burguière, les Tarlier, etc. Ils sont endettés jusqu'à là gueule au Crédit agricole. Si le camp militaire s’étend, on leur prend leur vie !Sauf que les paysans du plateau et les nouveaux arrivants, les rurbains comme on les appellerait désormais, se détestaient cordialement…Oui, on disait par exemple de Tarlier « qu’on ne l’aimait pas beaucoup parce qu’il venait d’Afrique ». Ils se détestaient à la base. C’est immense le Larzac. Ils étaient chacun dans leur ferme, séparés. Les paysans traditionnels et ces nouveaux éleveurs se croisaient, mais ils s’ignoraient. Et, face à la pression de l’État, ils n’ont pas au d’autre choix que de s’unir.Êtes-vous bien sûr que cette méfiance a été totalement occultée, que les deux camps n'ont plus fait qu’un seul ?Oui, une fois qu’ils ont signé le «serment des 103 » qui disait : « personne ne vendra cette terre de son plein gré. » Si l’un d’eux s’était déballonné, on ne lui en aurait pas voulu. Mais en même temps c’était quelque chose de tellement fort. C’est ce que raconte le curé Pierre Bonnefous. Quand ils disent « on ne vendra pas notre terre ! », ça signifie qu’il aurait fallu les tuer pour qu’ils s'en aillent, quel que soit le fonctionnement, et leurs nombreuses engueulades. Ce qui est aussi fascinant, c’est l’arrivée des jeunes (José Bové, Christian Carlier) qui viennent les soutenir pendant la lutte et qui s’installent et deviennent à leur tour des paysans. C’est là que l’armée propose la mini-extension du camp. La mini-extension gardait les 103, elle ne touchait que ceux qui venaient d’arriver. C’était vachement malin. Là, à nouveau, ils n’ont pas arrêté de s’engueuler. Ce n’est pas une histoire de bisounours du tout. C’était super violent. Un exemple concret : ils sont arrivés à Cannes avec une banderole contre le gaz de schiste. Ils se sont engueulés comme du poisson pourri pour savoir qui prenait la banderole, ils n’étaient pas d’accord, etc. Il y en a un qui disait « On n’est pas à Cannes pour faire ça ». Une autre qui lui répondait : « Au contraire, il faut en profiter. » Ça n’arrête jamais. C’est ça qui est fascinant. Et en même temps c’est la démocratie. C’est-à-dire que quand ils disent « on ne votait pas », ils vont jusqu’au bout de la palabre pour que lorsque la décision est prise, tout le monde soit d’accord avec la décision. Par exemple, Pierre Burguière, qui était contre l’idée de la banderole, l’a tenue et il était très content finalement. À la fin, il a dit qu’ils avaient bien fait de le faire. C’est ça que je trouve ça passionnant, c’est de dire que la démocratie n’est pas juste une question de bulletin de vote. On se satisfait d’une décision que lorsque l’on a trouvé un vrai consensus. Mais ça suppose de se battre, de s’engueuler, de s’affronter.Esthétiquement, vous les rendez beaux dans ce film. C’était une volonté de départ ?Oui, j’ai fait des choix esthétiques qui avaient pour ambition qu’ils soient beaux. Ils sont filmés comme dans les grandes fictions. Par rapport à Lip, je voulais travailler davantage l’image. J’ai fait des choix très forts. Tout est pris en extérieur, il n’y a pas du tout d’intérieur. Ce qui est une vraie galère d’ailleurs parce que le vent qu’il fait là-bas n’est pas évident. Mais je voulais qu’ils soient tous en extérieur et que, pour les entretiens assis, le fond soit flou, qu’on ne voit que leur visage. Mais c’était compliqué parce que je voulais que durant l’interview, on ait une relation très proche. On a donc dû utiliser une caméra spéciale et pour que le fond soit flou. On a dû aller à perpète pour trouver le matériel. Je voulais pouvoir être proche d’eux mais en même temps que le fond soit flou. Mais ils sont beaux à la base et vivent dans un paysage magnifique, cela m’a aidé.Vous avez aussi tourné près du camp militaire de La Cavalerie, là où tout a commencé...Oui. Pour tout ce qui est déambulation dans un lieu, on est en reportage avec caméra à l’épaule.Vous avez eu toutes les autorisations pour tourner ?
Ça a été une galère pour filmer le camp. D’une part, on n’est pas rentrés dans le camp, on est sur la route. On n’a pas eu les autorisations pour le faire donc on a commencé à l’arrache. Au bout du troisième entretien, les militaires sont arrivés. C’était Pierre Burguière qu’on interviewait alors. C’était drôle parce qu’il a commencé à parler et ils sont arrivés. On a su après qu’hors du camp, ils n’avaient pas le droit d’intervenir. Il fallait qu’ils appellent les gendarmes. Donc on a fait l’interview comme ça, avec deux mecs derrière. Pierre était très mal à l’aise mais il continuait comme si de rien n’était. Et puis les flics sont arrivés et ils nous ont dit qu’on n’avait pas le droit de filmer ici. Les productrices sont descendues et ont négocié avec la direction du camp un truc un peu bidon. C’est-à-dire qu’on avait le droit de filmer devant le camp mais pas dans l’axe du camp. Sauf que de chaque côté de la route il y a des bâtiments du camp donc c’était impossible. Mais ce que je voulais c’est qu’on sente le camp derrière pour que mes personnages puissent dire : « C’est par là qu’on est entrés. ».L’armée a-t-elle vu les images ?
Je ne sais pas. De toute façon ils sont en train de le fermer le camp. C’est ça qui est fou. Je ne sais même pas s’il y a encore un gradé qui dirige cet énorme camp actuellement. Le problème c’est que ce camp est un champ de mines donc José Bové a eu une idée de génie. Il a proposé à l’ONU un déminage.Que souhaitez-vous par rapport à ce film ? Que l’on comprenne la lutte de toute cette communauté ?
Je souhaite juste qu’il soit vu par le plus grand nombre. J’ai un peu une idée derrière la tête avec Lip et Tous au Larzac. J’en ai un peu marre qu’on essaie d’enterrer 68. Contrairement à ce qui s’est dit, c’est une période où il s’est fait beaucoup de choses, où il s’est dit beaucoup de choses. Il y a un tas de problèmes qui ont été soulevés à ce moment-là et qui se posent encore aujourd’hui. Le nucléaire, on en parlait déjà à l’époque.Où avez-vous récupéré les archives qui apparaissent dans le film ?
Il y a eu beaucoup de films sur le Larzac, vous le disiez. Parce que les paysans du Larzac ont compris très vite que pour faire une action il fallait la médiatiser. Léon Maille a donc filmé très tôt leur lutte. José Bové a appris la communication sur le plateau et maintenant il ne fait que ça. Dès qu’il voit une caméra, il est comme un fou. Et il est bon.À la fin de la projection cannoise, José Bové semblait étonné de ne pas voir le même film que celui que vous lui aviez montré ?Oui. Je présente toujours aux protagonistes du film le résultat avant le mixage pour qu’ils aient encore un moyen de s’exprimer si quelque chose ne leur convient pas. Le montage a duré plus longtemps que prévu. Et donc je suis allé leur montrer une version qui a beaucoup bougé ensuite, mais l’essentiel était là. Tout leur discours y était. Le film durait 2h15, j’ai enlevé un quart d’heure et ajouté beaucoup d’archives. C’est vrai que, eux, ont eu l’impression de voir un autre film, plus rythmé, qui marche mieux.Lip, le Larzac… On va finir par vous cantonner au cinéaste des luttes sociales.Oui, d’autant que j’ai fait un film sur Bernard Lambert pour la télévision, un long-métrage aussi. Lip et Lambert font la jonction avec le Larzac. Les trois forment un ensemble qui fonctionne bien. C’est un puzzle. Il y aussi une leçon politique entre Lip et le Larzac. Les Lip ont gagné. Leur objectif était d’être tous repris, les 800. Ils sont tous repris. Pendant deux ans, l’usine repart. Et ils sont ensuite assassinés par un gouvernement hostile. Là, c’est l’inverse. Au Larzac, ils sont en train de perdre. Les flics vont venir. C’est la fin. Et là, un gouvernement allié, celui de François Mitterrand en l’occurrence, stoppe tout et permet que cela devienne une grande victoire pour les habitants plateau. Je ne suis pas mitterrandolâtre, mais ce n’est quand même pas pareil, aujourd’hui encore, quand on a la droite en face.
Source : www.evene.fr | 21-Nov-2011 10:44
Les cathos intégristes ne quittent pas la scène
Ces derniers temps, les théâtres français ressemblent à des aéroports : portiques, palpation par des agents de sécurité, vestiaire obligatoire… Des mesures de précaution nécessaires pour éviter les « happenings » des catholiques extrémistes destinés à perturber des spectacles qu’ils jugent « blasphématoires ». Après Sur le concept du visage du fils de Dieu, pièce de l’italien Romeo Castelluci, c’est au tour de Golgota Picnic de l’Argentin Rodrigo Garcia d’être la cible de ces chrétiens intégristes. Avant sa venue à Paris au Théâtre du Rond-Point en décembre, la première a eu lieu mercredi 16 novembre au théâtre Garonne, à Toulouse, sans incidents. Mais pas sans le désormais traditionnel comité d’accueil de ces combattants de la « christianophobie ». Une heure avant le début de la représentation, une centaine de personnes agenouillées entonnent des cantiques et des prières, en français et en latin. Aux "Je vous salue Marie » répondent des "Ah si Marie avait connu l'avortement, on n'aurait pas tous ces emmerdements!" des militants de la ligue des droits de l’homme. « Ils ne laissent plus rien passer » Ces mouvements extrêmes n’ont jamais cessé d’exister ni d’agir. En 1964, Michel Piccoli et Antoine Bourseiller, comédiens dans la pièce Le Vicaire, sont attaqués physiquement. En 1988, le cinéma Saint-Michel qui diffuse La Dernière passion du Christ de Scorsese est incendié par l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme anti-français et pour le respect de l’identité française et chrétienne). Et en avril 2011 en Avignon, l’œuvre Piss Christ est vandalisée à coups de marteau. Un coup d’éclat, déjà, de l’institut Civitas, désormais aux avant postes de ces batailles de terrain, estimant que les actions en justice de l’Agrif (mené par Bernard Anthony, sympathisant historique du FN) ne débouchent sur rien, car déboutées systématiquement. Selon Odon Vallet, spécialiste des religions, l’extrême-droite religieuse se sent aujourd’hui dépossédée d’une certaine influence : « Marine Le Pen ne souhaite pas passer pour le héraut de l’identité chrétienne et axe plus son discours sur l’identité nationale et la démondialisation.» La « christianophobie » est donc la nouvelle guerre sainte de ces fondamentalistes. La dernière revue de Civitas annonce la couleur avec un dossier intitulé « La christianophobie en France : analyse détaillée d'un antichristianisme multiforme », et des sujets tels que « Collectivités locales et financement du Hellfest », « Du journal Libération au Golgota Picnic : Pierre Bergé et quelques réseaux d'influence », et « Observatoire de la christianophobie : un chrétien est tué pour sa foi toutes les 5 minutes dans le monde ». Mission divine Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste de la censure, et auteur des 100 images qui ont fait scandale, estime que « ces factions se sentent investies d’une mission, d’autant plus qu’il y a sécession dans leurs rangs. Il est plus facile de recruter en faisant du bruit qu’en faisant du porte à porte. Mais ça finit par tourner en vase clos, c’est à qui fera le plus de bruit. L’occasion fait le larron : ce coup ci, ils s’en prennent à du spectacle vivant. » « C’est surtout très opportun, estime Odon Vallet. Ces actions leur permettent d’occuper une fenêtre médiatique qu’ils ne pourraient pas occuper autrement. Ils ne laissent plus rien passer.» Et s’en prennent à des pièces qu’ils n’ont pas vues et ne veulent pas voir, pour scander des « Christianophobie ça suffit », « Laissez Jésus tranquille » ou « Gloire à Dieu ». Une exception française ? Castellucci et Garcia déplorent des attaques subies seulement en France. En Italie, en Pologne ou en Espagne, pays où le catholicisme est plus marqué, les représentations se sont déroulées sans heurts notables. « C’est parce que depuis plus de trente ans, l’Église officielle en France ne fait plus de procès », explique Emmanuel Pierrat. Elle ne prononce plus d’anathème ou d’excommunication. La dernière plainte, c’était pour la publicité de Marithé et François Girbaud, et ils ont perdu. » Une spécificité française qui remonte à 1905 et la séparation de l’Église et de l’État. « L’Église sait qu’elle perd des points et des fidèles en France quand elle touche à la culture. Les Français pensent que l’Église n’a pas à se mêler de ce qui n’est pas dans l’espace public. Alors qu’en Italie, le Vatican réagit immédiatement : il y a encore des anathèmes sur les créations artistiques [comme pour la dernière campagne de la marque Benetton, ndlr]. En Allemagne, notamment en Bavière, les chefs de l’Église prennent constamment position. » Odon Vallet avance que « l’argument de ces groupuscules fondamentalistes aujourd’hui est de dire que si les musulmans se protègent à chaque fois que leur religion est attaquée, ils doivent faire de même. » Quitte à transformer le convivial théâtre du Rond-Point en aéroport sous haute surveillance. Et de mettre à l’épreuve le fameux « Rire de Résistance » prôné par Jean-Michel Ribes.Golgota Picnic, au Théâtre du Rond-Point du 8 au 17 décembre, conception, texte et mise en scène Rodrigo Garcia, et Les Sept Dernières Paroles du Christ sur la croix de Joseph Haydn, interprétation Marino Formenti. Théâtre Garonne à Toulouse jusqu’au 20 novembre, et dans le cadre du festival d’Automne à Paris auThéâtre du Rond-Point du 8 au 17 décembre. Comitedesoutien-garonne@theatregaronne.comSur le concept du visage du fils de Dieu, conception et mise en scène Romeo Castellucci, La Rose des vents à Villeneuve d’Ascq les 29 et 30 novembre. En tournée en Europe jusqu’en février 2012.
Source : www.evene.fr | 18-Nov-2011 11:28
Nicolas Lambert, citoyen de plateau
Deux pièces, l’une consacrée au pétrole, l’autre au nucléaire français. Les volets BLEU et BLANC d’une trilogie sur la démocratie à la française. Une démocratie avec de vrais morceaux de corruption dedans. Le troisième, de couleur ROUGE bien sûr, dédié à l’armement, est prévu pour 2013. Qui est donc l’instigateur de cette œuvre unique sur les scènes françaises ? Un certain Nicolas Lambert, 45 ans, comédien depuis le lycée. Étudiant en philo à la fac de Nanterre, il dirige le théâtre universitaire au début des années 90. Avec la comédienne Sylvie Gravagna, il fonde la compagnie Charlie Noé qui deviendra Un pas de côté en 2004.
Le théâtre de Lambert n’appartient à aucun genre bien défini. On pense à Brecht, à l’agit prop de Prévert et du groupe Octobre, aux Conférences gesticulées de Franck Lepage. Mais lui évoque d’emblée les classiques : « Marivaux, Molière, Shakespeare parlaient de leur époque. Comme doc politique c’est costaud ! » Son théâtre est documentaire. « C’est documentaire dans le sens ou le « je » intervient peu et aussi parce qu’il y a des documents collectés pendant deux ou trois ans. »
Seul sur scène, il interprète tous les personnages. Vingt trois dans Avenirs radieux et sept dans Elf. « L’idée, c’est d’être léger. J’ai une valise, un technicien, un musicien. On dégage trois salaires. On ne demande pas de subvention. On fonctionne sur nos recettes propres. Le grand luxe ! » Ses pièces écument les théâtres, mais aussi les facs, lycées, granges, librairies, bistros, tout un réseau de lieux militants.République pétrolièreAu départ, lorsque Nicolas Lambert s’intéresse à l’affaire Elf - – il assistera finalement à tout le procès -, il pense en faire une émission de radio sur Fréquences éphémères avec son compère Antoine Chao (frère de Manu). « Je voulais parler de la corruption. Je voulais répondre aux attaques contre les intermittents, au début des années 2000. Selon la classe politique, ils étaient en train de ruiner la France. Pour raconter cette fable, les politiques nous prenaient nos propres outils. Mais nous aussi on sait raconter des histoires ! Comment leur répondre ? J’ai assisté à pleins de procès. Mais comment faire de la radio dans des lieux où on ne peut pas aller avec un micro ? Au fur et à mesure, ça s’est transformé en un documentaire sur scène. »
Elf, la pompe Afrique s’inspire des minutes du procès Elf et de ses dirigeants, accusés entre autres d’abus de biens sociaux. Le comédien joue le président du tribunal, debout derrière un bidon bleu frappé du sigle Elf. Il interroge les prévenus, avant d’endosser soudain les rôles de Le Floch-Prigent, Sirven, Tarallo… Il les restitue dans leur manière de parler, leurs gestes et parfois leurs lapsus. C’est souvent drôle. Il le faut car il emmène le public là où il n’a pas forcément envie d’aller, dans les recoins sombres de la République.Tchernobyl mon amourAvec Avenir radieux, une fission française, le dispositif scénique est différent, bien qu’il y ait là encore un bidon, frappé cette fois du triangle noir et jaune de la radioactivité. Comme dans Elf, Nicolas Lambert est d’abord installé dans les gradins. Il les regagne à la fin, comme pour mieux nous dire qu’il est un citoyen comme les autres. Alors que dans l’affaire Elf tout tournait autour du président du tribunal, Avenirs radieux est atomisé. Le plateau est parcouru de long en large. L’atmosphère de la salle d’audience laisse place à une tension électrique portée par la basse d’Eric Chalan (en alternance avec le violoncelle d’Hélène Billard). Et la pièce suit trois fils conducteurs : une réunion d’information publique à Penly, en Seine-Maritime, où il est prévu de construire un EPR en 2020, des discours institutionnels et une interview de Pierre Guillaumat donnée en 1986, juste après Tchernobyl au quotidien allemand Die Tageszeitung.
Pierre Guillaumat, l’homme clé de cette trilogie. Patron du Commissariat à l’Energie Atomique en 1951 où il développe la bombe française, il devient président d’Elf dans la première moitié des années 60 après avoir été ministre de la Défense. Le pétrole, le nucléaire et l’armement... « J’interprète des gens que je n’aime pas, mais j’essaye de les rendre le plus crédible possible. Il faut qu’ils m’émeuvent. C’est de la chair qui vibre. » Mission accomplie pour l’ancien étudiant qui voulait faire du théâtre pour donner de la chair, de la vie à la philosophie.
Elf, la pompe Afrique (le mercredi), du 16 novembre au 17 décembre 2011.
Avenir radieux, une fission française (du jeudi au dimanche), du 17 novembre au 17 décembre 2011. Le Grand Parquet, Paris 18ème
Source : www.evene.fr | 17-Nov-2011 15:13
John Malkovich adapte "Les Liaisons dangereuses" au Théâtre
C'est dans le film de Stephen Frears adapté du roman épistolaire de Choderlos de Laclos que l'acteur John Malkovich a explosé sur le devant de la scène cinématographique internationale....
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Source : spectacles.premiere.fr | 17-Nov-2011 13:04
Revenir à la case Steve Jobs
Photo : couverture américaine de la biographie comic de Steve Jobs
Source : www.evene.fr | 16-Nov-2011 18:21
Drouot, salle des ventes, pas des vols
Photo : François Bouchon / Le Figaro
Source : www.evene.fr | 16-Nov-2011 17:11
Le feeling de Jean-Paul Goude
« Goudemalion »Le titre de l’exposition est inspiré du personnage mythologique de Pygmalion, le sculpteur amoureux de sa création, et fait allusion aux nombreuses « muses » de Goude. « C’est Edgar Morin qui a inventé ce mot, dans un beau texte qu’il a écrit pour ma première exposition, au musée Cantini à Marseille. C’était en 1988. Il y a eu des polémiques. Germain Viatte en était l’initiateur, ce qui lui a valu pas mal de critiques ! »
Thierry Ardisson reçoit Jean-Paul Goude pour l’exposition « French Correction » à Marseille
Source : www.evene.fr | 16-Nov-2011 12:06
Le Musée des Arts Forains réouvre ses portes en décembre
C'est un lieu magique comme on en voit rarement. Le Musée des Arts Forains, temple de manèges, balançoires et autres jeux de foire d'antan, ouvre ses portes exceptionnellement pendant les...
Lire la suite de la news sur Premiere.fr
Source : spectacles.premiere.fr | 15-Nov-2011 15:22
Jean-Pierre Darroussin, rédacteur en chef d'Evene
‘De bon matin’, de Jean-Marc Moutout, en octobre dernier. ‘Les neiges du Kilimandjaro’, de Robert Guédiguian, le 16 novembre. ‘Le Havre’, d’Aki Kaurismaki, en décembre… Difficile de faire sans Jean-Pierre Darroussin, au cœur de trois films parmi les plus stimulants de cette fin d’année. L’occupation des écrans par « Dada », son surnom pour les intimes, n’a rien de surprenante. Si le carriérisme ne fait (vraiment) pas partie de son vocabulaire, l’acteur, par contre, s’est imposé au fil des ans, comme l’une des personnalités les plus sollicitées par un cinéma, qui plébiscite sa discrétion (le star-system, très peu pour lui), son exigence et sa capacité à endosser les habits de personnages « ordinaires », aux prises avec leur époque. Jean-Pierre Darroussin, dans la vie, fait preuve d’une saine simplicité. Il reçoit chez-lui, au sixième étage (sans ascenseur) d’un immeuble d’un quartier populaire de Paris. Il prépare un café, répond longuement aux questions et, à l’heure de donner ses coups de cœur culturels, farfouille dans les piles de bouquins et de CD encombrant son appartement. Surtout, le comédien est intarissable sur sa collaboration et son amitié de (très) longue date avec Robert Guédiguian. De ‘Ki lo sa ?’, en 1985, aux ‘Neiges du Kilimandjaro’, aujourd’hui, en passant par ‘Marius et Jeannette’, ‘La ville est tranquille’, et autres pépites, Darroussin, 58 ans le 4 décembre, est, avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan et quelques autres, l’un des piliers de la « bande à Robert ». Une collaboration unique dans le cinéma français, sur laquelle il revient longuement pour Evene. Entretien avec un homme libre.Savez-vouscombien de films vous avez tourné avec Guédiguian ?Bien sûr : 14.Un souvenir de votre première rencontre ?Je m’en souviens parfaitement. C’était en 1976. J’étudiais au Conservatoire avec Ariane Ascaride. On montait une pièce de Brecht : ‘Homme pour homme’. Robert, à l’époque, faisait des études universitaires. Ariane lui avait demandé de venir assister à l’une de nos répétitions. C’est la première fois que je voyais Robert. On en rigole encore aujourd’hui, car il s’était lancé dans un grand discours sur Brecht que j’avais trouvé tellement chiant que je m’étais endormi. Littéralement endormi (rires).La suite de votre collaboration donne pourtant raison à Ariane Ascaride. Elle avait eu une bonne idée en invitant Robert…Bien entendu. On s’est retrouvés ensuite de plus en plus souvent pour boire des coups, discuter, rire. Et je ne me suis plus jamais endormi.Comment définiriez-vous ce qui unit la « bande à Guédiguian » depuis tant d’années ?Avant de faire des films, on vivait déjà un peu ensemble. Je passais plein de soirées chez Ariane et Robert. On discutait toute la nuit, on refaisait le monde jusqu’à 5 heures du matin. La première chose qui nous lie, avant le cinéma, c’est l’amitié. Ensuite est venu rapidement le désir de travailler ensemble. Sans en avoir pleinement conscience, l’idée s’est imposée peu à peu, autour de Robert, de créer notre propre outil de travail, de nous inventer un point de repère et d’ancrage, où l’on pourrait toujours revenir.Cette stabilité vous semblait importante ?Oui. À cette époque, la question de l’intermittence nous préoccupait beaucoup. Nous, nous avions envie de travailler tout le temps, dans des projets qui en valaient vraiment la peine. Avec Robert, nous avons pu trouver ce rythme et cette nécessité. On sait que, ensemble, on va se retrouver régulièrement pour aborder un certain type de personnages et de thèmes. Ce qui nous unit, c’est donc aussi cela : la réinvention permanente d’une vie professionnelle en commun.Autre chose encore ?Oui. Ce qui nous unit enfin, c’est que ça marche (rires). Même si le succès commercial n’était pas notre but premier, un minimum de réussite était nécessaire pour pouvoircontinuer à évoluer dans ce « vivre ensemble ».Ce dernier point semble essentiel chez Guédiguian. Dans tous ses films marseillais, la notion de communauté est soumise à la question. Dans ‘Les neiges du Kilimandjaro’, la tonalité est plutôt sombre puisque les affrontements se déroulent au sein d’une même classe sociale.En effet. Dans ‘Les neiges…’, le « traître », est un « camarade », un ancien travailleur, qui vient de la même usine que les personnages principaux. C’est un choc pour ces derniers qui ont toujours pensé que souffrir et être exploités ensemble impliquait une compréhension, une entraide entre gens d’une même classe.Le monde change…Et nous, les personnages de Robert, devons à chaque film, trouver notre place dans ce paysage en mutation. En fait, Guédiguian revient régulièrement à Marseille, à l’Estaque, pour « tester » ses personnages avec de nouvelles histoires et de nouvelles situations. Et observer comment ils s’adaptent ou non à des transformations qui mettent à mal leurs convictions, leurs croyances, la fidélité en leurs idées.‘Les neiges du Kilimandjaro’ est un film brutalement contemporain, comme l’était, il y a quelques semaines, ‘De bon matin’, de Jean-Marc Moutout. On a l’impression que vous choisissez ces films en priorité.Absolument. Mes préoccupations se situent à cet endroit-là. Même au théâtre, je n’arrive pas à me dire que je vais incarner des classiques. J’estime que ma mission n’est pas là (silence). Oui, vous avez bien entendu, j’ai une mission.À ce point ?J’ai commencé ainsi dans ce métier et, aujourd’hui, je continue. J’incarne une certaine catégorie de personnages dont je suis le vecteur, le porte-parole, et j’ai une responsabilité vis-à-vis d’eux. J’ai la chance de pouvoir choisir mes rôles, de ne pas être contraint de remplir la case « loisir et audimat ». Ce qui m’intéresse avec mes personnages, c’est de parler de notre époque. C’est mon engagement.Et l’engagement en dehors de votre métier d’acteur ?Je n’en ai pas. En tout cas pas d’engagement affiché. Ce n’est pas mon métier. Mon métier, c’est d’incarner des gens, de décortiquer des attitudes, de comprendre ce qui se passe dans leur tête. De leur rendre hommage.Sur ce point, vous êtes différent de Robert Guédiguian.Chacun fait ce qu’il veut. Je ne suis jamais apparu sur un comité de soutien. Je suis trop touché par les individus. Je peux être sensible à quelqu’un dont je ne partage pas les idées. Et, inversement, j’ai beaucoup de difficultés à être 100 % derrière quelqu’un dont je suis proche idéologiquement mais auquel je trouve une tête de con. Alors, il vaut mieux que je m’abstienne.Avec ceux de la bande à Guédiguian, on imagine que vos vies respectives, vos discussions en dehors des plateaux de tournage, alimentent les films.Avec Robert et avec tous ceux - acteurs, scénaristes et techniciens - qui travaillent ensemble depuis tant d’années, on se parle sans arrêt. On s’interroge sur ce que l’on vit et cette parole retentit dans les films. Quand les personnages des ‘Neiges du Kilimandjaro’ se demandent : « Mais que penserions-nous de nous si nous étions plus jeunes ? », c’est typiquement une interrogation que nous avons dans la vraie vie. Et il y en a d’autres.Lesquelles ?Quelle est notre part de responsabilité dans ce qu’est devenu le monde ? Pourquoi n’avons-nous pas toujours su transmettre les valeurs transmises par nos parents ? Pourquoi n’est-on pas resté vigilant sur des tas de domaines : la compétition exacerbée, la spéculation ? Et pourtant, sur ce dernier point, les questionnements ne datent pas d’hier. Mon père me disait déjà, il y a très longtemps, qu’il fallait empêcher les gens de gagner de l’argent avec de l’argent. Môme, dans les années 60, je n’entendais que ça.Robert Guédiguian dit : « Un film populaire, c’est un film qui révèle aux gens la grandeur qu’ils ont en eux. ». Vous êtes d’accord ?Un film vraiment populaire se doit d’être accueillant et libre, ce qui n’est pas toujours évident au cinéma où le marché impose souvent ses lois. Il est bon que les films se préoccupent des gens et laissent éventuellement des traces chez les spectateurs.Votre engagement d’acteur, tel que vous le définissiez tout à l’heure, est également à l’œuvre dans ‘Le Havre’, d’Aki Kaurismaki (sortie le 21 décembre, ndlr). Une fable sur la France d’aujourd’hui, les sans papiers et quelques hommes de bonne volonté.Kaurismaki, à sa manière, interroge le monde. Il filme ce qu’il a aimé hier, et ce qu’il aime aujourd’hui. Finalement, il est incapable de filmer autre chose. Kaurismaki parle de notre époque avec des détours, des énergies venues de toutes les périodes qu’il a connues et qu’il continue de faire vivre dans ses films. Chez lui, ce n’est parce que l’on écoute des CD que l’on n’a pas le droit de déposer un vieux vinyle sur un phonographe. Ce n’est pas parce que l’on conduit des voitures modernes qu’on ne doit pas rouler en R 16. Idem pour les rapports entre les individus. Kaurismaki force le réel.Et votre casquette de metteur en scène. Y aura-t-il prochainement un successeur au ‘Pressentiment’ (le premier film réalisé par Darroussin en 2006, ndlr) ?J’espère et j’y travaille. Je suis actuellement dans l’écriture, sur deux sujets. C’est long et laborieux. Les versions avancent, lentement. J’ai du mal à être satisfait. Je ne suis pas encore au bout, mais peut-être pas si loin…Vous pouvez nous parler des sujets ?L’un évoque les maladies mentales. L’autre sera une sorte de polar politique, avec un personnage de conseiller en communication qui trempe dans des affaires de corruption.Vous êtes aujourd’hui un acteur reconnu, populaire. A vos débuts, vous imaginiez-vous une telle carrière ?Pas du tout. Dans ma génération, on raisonnait moins en terme de réussite et de gloire. Je ne me fantasmais pas en acteur connu. Mes envies profondes étaient les suivantes : jouer avec les potes, inventer des formes nouvelles, avoir une troupe… Il n’y avait aucun désir d’assise, bien au contraire. L’argent, n’en parlons même pas, c’était l’indifférence totale. Avec l’âge, je me suis un peu calmé, mais, j’ai été marqué par mon éducation où il y avait une méfiance, voire un mépris pour l’argent.Finalement, avez-vous assouvis vos désirs ?Oui. Mon parcours a parfois été chaotique, mais j’ai toujours pu travailler avec les gens que j’aimais, dans des projets qui en valaient vraiment la peine. Je mesure ma chance.
Source : www.evene.fr | 15-Nov-2011 12:19
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